Le public a un nom pour le contenu IA bâclé : le « AI slop ». Plutôt que de l’ignorer, plusieurs grandes marques ont décidé d’en faire leur sujet. Avec de l’IA.
Trois campagnes, une même idée
Marketing Brew a documenté la tendance en janvier 2026. Almond Breeze, avec les Jonas Brothers, montre une série de propositions publicitaires générées par IA, toutes plus absurdes les unes que les autres : les frères dans l’espace, les frères en laitiers qui chevauchent des amandes. Equinox, avec sa campagne « Question Everything But Yourself », oppose des images IA dérangeantes à de vrais résultats physiques. Dollar Shave Club met en scène des dirigeants qui choisissent de remplacer leurs employés par l’IA plutôt que de couper ailleurs.
Le point commun : l’IA est visible, assumée, et utilisée pour faire rire du mauvais usage de l’IA.
Ce que les marques en disent
Le PDG de Dollar Shave Club, Larry Bodner, explique qu’ils ont poussé l’absurde aussi loin en partie pour qu’il soit clair que tout est fait par IA. La directrice marketing d’Equinox, Bindu Shah, précise que la campagne n’est pas contre l’IA. Et le directeur de création de l’agence McKinney, Omid Amidi, résume la logique : quand l’IA est utilisée avec intention, et pas comme un simple outil d’efficacité, elle prend de la valeur.
Le public a suivi
Selon les chiffres rapportés par Marketing Brew, la campagne d’Almond Breeze a obtenu des réactions « très majoritairement positives » : 43 % positives contre 3,5 % négatives. Les réactions aux campagnes d’Equinox et de Dollar Shave Club ont été surtout neutres, et Dollar Shave Club dit avoir vu plus de trafic sur son site que prévu.
Almond Breeze : l’IA assumée a été bien reçue
Réactions à la campagne
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Positives | 43 % |
| Négatives | 3,5 % |
Comparez avec la pub des Fêtes de McDonald’s Pays-Bas, retirée en décembre 2025 après une vague de réactions négatives. Nous l’avons analysée ici. Même technologie, réception opposée.
Ce que la tendance révèle
Le public ne rejette pas l’IA en soi. Il rejette l’IA qui fait semblant et qui échoue. Une pub IA qui s’assume et qui fait rire désamorce la méfiance. Une pub IA qui tente de passer pour un tournage et laisse voir ses défauts la confirme.
Un rapport de l’IAB de janvier 2026 donne l’ampleur de l’enjeu : 82 % des dirigeants publicitaires croient que les consommateurs perçoivent positivement les pubs IA, contre 45 % des consommateurs en réalité. Les détails ici.
Ce que ça veut dire pour une PME
Vous n’avez pas besoin de vous moquer de l’IA. Mais il faut choisir votre camp clairement, parce que le milieu est la zone dangereuse.
Option 1 : une qualité qui ne se voit pas. La vidéo est assez soignée pour que personne ne se demande comment elle a été faite. C’est le choix par défaut pour une marque qui vend du sérieux : construction, industriel, services professionnels.
Option 2 : un style IA assumé. Surréaliste, stylisé, drôle, clairement impossible à tourner. Le spectateur voit l’IA et comprend que c’est voulu. Ça fonctionne bien pour le divertissement, la restauration, les produits de consommation.
À éviter : l’entre-deux. Une vidéo qui essaie d’avoir l’air réelle et qui n’y arrive pas. C’est celle qui coûte de la confiance.
Dans les deux premiers cas, la divulgation est un atout plutôt qu’un aveu. En Europe, elle est d’ailleurs devenue une obligation.