L’Interactive Advertising Bureau (IAB), l’association américaine de l’industrie publicitaire numérique, a publié en juillet 2026 son rapport annuel sur les dépenses en publicité vidéo. Deux lignes méritent d’être lues ensemble.
L’IA est devenue la norme
Près de deux acheteurs de pub vidéo sur trois utilisent maintenant l’IA générative pour leurs créations, contre la moitié en 2025. Selon l’IAB, un tiers des pubs vidéo produites en 2026 intégreront de l’IA générative, et cette part devrait atteindre 43 % en 2027. Le volume de pub vidéo numérique aux États-Unis a doublé en cinq ans.
Autrement dit, la question « est-ce que les annonceurs vont utiliser l’IA pour la vidéo » est réglée. La question utile est devenue : comment.
Part des pubs vidéo qui intègrent l’IA générative
États-Unis, selon l’IAB
| Élément | Valeur |
|---|---|
| 2026 | un tiers |
| 2027 (prévision) | 43 % |
Les petits annonceurs ne sont pas satisfaits
C’est la ligne qui intéresse une PME. Chez les petits acheteurs, 96 % se disent insatisfaits de leur niveau actuel d’utilisation de l’IA générative pour produire leurs pubs. Plus de quatre sur dix disent qu’il leur faudrait plus de preuves de rendement et des intégrations plus simples.
Ce n’est pas un rejet de l’IA. C’est le constat qu’un outil, sans méthode autour, ne livre pas le résultat attendu.
L’écart de perception
Un autre rapport de l’IAB, publié en janvier 2026, éclaire le problème sous un autre angle. 82 % des dirigeants publicitaires croient que les consommateurs perçoivent positivement les pubs faites avec l’IA. Seulement 45 % des consommateurs le font réellement. Et moins de la moitié des annonceurs disent divulguer « toujours » leur usage de l’IA.
Les annonceurs surestiment l’accueil du public
Perception positive des pubs faites avec l’IA
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Ce que croient les dirigeants publicitaires | 82 % |
| Ce que disent les consommateurs | 45 % |
Mettez les deux rapports ensemble : les annonceurs produisent plus avec l’IA, surestiment l’accueil du public, et les plus petits ne voient pas le rendement. Ce n’est pas un hasard. Quand on croit que le public aime l’IA, on n’a pas de raison de relever la barre de qualité.
Ce que ça veut dire pour une PME
Ces chiffres sont américains, et le marché québécois a ses propres réalités. Mais le mécanisme est le même. Trois décisions changent le résultat.
Commencez par un usage mesurable. Pas « faire de la vidéo IA », mais une pub précise, avec un objectif précis : des demandes de soumission, des réservations, des appels. Une seule vidéo principale et ses déclinaisons, pas un flot de contenu.
Définissez la preuve avant de produire. Le premier frein cité est le manque de preuve de rendement. Choisissez la mesure avant le tournage virtuel : coût par demande, taux de clic, réservations. Comparez avec ce que vous faites déjà.
Visez une vidéo qui n’a pas l’air d’IA. L’écart entre 82 % et 45 % dit que le public juge plus sévèrement que les annonceurs le pensent. Chaque défaut visible coûte de la confiance. Les six indices que le public repère.
Les grandes marques ont déjà intégré l’IA. L’avantage d’une PME n’est pas d’y arriver la première. C’est de l’utiliser avec une méthode qui rapporte.