À l’été 2025, un couple âgé a roulé plus de 300 kilomètres depuis Kuala Lumpur pour monter à bord d’un téléphérique dans la Malaisie rurale. Ils l’avaient vu dans une vidéo : un animateur de télé, un trajet panoramique, des passagers ravis en entrevue. Le téléphérique, l’animateur et les passagers étaient tous générés. Quand un employé de l’hôtel leur a dit qu’il n’y avait rien à voir, ils ont refusé de le croire.

Cette histoire, c’est le pire scénario pour le tourisme et l’IA. C’est aussi une carte utile. Le voyage se vend sur des images d’endroits que les gens n’ont pas encore vus, ce qui en fait l’un des secteurs où la vidéo IA peut aider le plus, et faire le plus de dégâts.

REC GÉNÉREZ L’HISTOIRE, FILMEZ LE PRODUIT L’AMBIANCE : GÉNÉRÉE LA CHAMBRE : FILMÉE
L’IA peut porter l’émotion. La chambre, elle, doit être vraie.

Les voyageurs choisissent en vidéo, et ils repèrent l’IA

Dans une recherche publiée par Expedia Group en octobre 2025, fondée sur un sondage mené auprès de 7 000 voyageurs dans sept marchés dont le Canada et la France, 71 % ont dit que la vidéo avait influencé leurs choix de voyage, contre 24 % pour les images fixes. La même étude a révélé que 64 % avaient remarqué une pub de voyage qu’ils croyaient générée par IA, et que les influenceurs et les paysages entièrement générés suscitaient malaise, scepticisme et agacement.

Ce que disent les voyageurs sur la vidéo et l’IA

Part des voyageurs sondés, sept marchés dont le Canada

La vidéo a influencé leurs choix de voyageLa vidéo a influencé leurs choix de voyage: 71 %71 %Les images fixes ont influencé leurs choixLes images fixes ont influencé leurs choix: 24 %24 %Ont remarqué une pub de voyagequ’ils croient générée par IAOnt remarqué une pub de voyage qu’ils croient générée par IA: 64 %64 %Peu importe comment le contenuest fait, tant qu’il est utilePeu importe comment le contenu est fait, tant qu’il est utile: 16 %16 %
Ce que disent les voyageurs sur la vidéo et l’IA
ÉnoncéPart des voyageurs
La vidéo a influencé leurs choix de voyage71 %
Les images fixes ont influencé leurs choix de voyage24 %
Ont remarqué une pub de voyage qu’ils croient générée par IA64 %
Peu importe comment le contenu est fait, tant qu’il est utile16 %
Source : Expedia Group, « The Science of Wanderlust », sondage auprès de 7 000 voyageurs aux États-Unis, au Canada, au Mexique, au Royaume-Uni, en France, au Japon et en Australie (août 2025).

Seulement 16 % se disent indifférents à la façon dont le contenu est fait, tant qu’il est utile. Un groupe plus large, 41 %, trouve le contenu IA utile à condition qu’il soit combiné à un apport humain. Les voyageurs acceptent l’IA dans le mélange. Ce qu’ils punissent, c’est d’être trompés sur l’endroit qu’ils s’apprêtent à payer.

La règle : générez l’histoire, filmez le produit

Une chambre d’hôtel, la vue du balcon, la piscine, le sentier, l’assiette au restaurant : ce sont des promesses. Si un client arrive et trouve autre chose, la vidéo a menti, peu importe l’outil qui l’a faite. Filmez-les ou photographiez-les tels qu’ils sont.

Tout ce qui entoure la promesse est permis : l’ambiance d’une saison que vous ne pouvez pas tourner ce mois-ci, l’histoire de la construction de l’auberge il y a un siècle, une carte animée de la région, un personnage qui accompagne le spectateur de la gare jusqu’au hall. Rien de tout ça ne prétend être la chambre.

Cinq usages qui tiennent la route

La prochaine saison. Une station de ski qui vend l’hiver en août, une auberge au bord d’un lac qui annonce les couleurs d’automne au printemps. L’endroit est réel, et l’IA peut montrer la saison qui s’en vient, à condition que ça ressemble à cet endroit à cette saison-là.

L’histoire et les légendes. Les sites patrimoniaux ont des histoires que personne n’a filmées. Des reconstitutions qui demandaient autrefois un décor d’époque et une équipe sont maintenant à la portée d’un musée régional ou d’une auberge familiale.

Avant l’ouverture. Un hôtel en construction ou en rénovation peut commencer à vendre avant que le gypse soit posé, à condition que le film soit clairement présenté comme une projection. La même logique vaut pour une usine qui n’existe pas encore.

Toutes les langues. Le tourisme parle à des visiteurs venus de partout. Un film, plusieurs pistes de voix. Ce que ça demande en français et en anglais.

Du volume pour les réseaux sociaux. Dans les tests en laboratoire d’Expedia Group, les scènes de 2 à 9 secondes permettaient aux spectateurs de mieux voir et retenir ce qui était à l’écran. Des extraits courts, fréquents et variés collent à ce rythme, et l’IA rend la variété abordable.

Quelqu’un vérifie encore les faits

En 2023, VisitDenmark a lancé une campagne où l’IA faisait parler la Joconde et d’autres monuments célèbres pour inviter les touristes à fuir les foules et à visiter plutôt le Danemark. Les textes avaient été écrits par l’IA. L’équipe, selon sa responsable des relations de presse Kathrine Lind Gustavussen, n’a retiré que les passages trop longs ou « tout simplement faux ».

Voilà le métier en une phrase. La machine produit. Quelqu’un qui connaît l’endroit décide de ce qui reste.

Avant de publier

Trois vérifications. Un client debout dans le vrai lieu reconnaîtrait-il ce que montre la vidéo ? Chaque scène générée qui pourrait passer pour de vraies images est-elle identifiée comme telle ? Quelqu’un qui connaît la destination l’a-t-il regardée du début à la fin ? Si la réponse est oui trois fois, la vidéo IA est l’un des meilleurs outils qu’un hôtel ou une destination ait eus depuis des années.

Sources

Gabriel Brien

Gabriel Brien

Fondateur de l’Agence Crimson Spark. Réalisateur IA et technologue créatif, qui écrit à partir de ce qu’il pratique chaque jour.

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