Il existe une centaine d’aide-mémoires sur les formats d’image en ligne, et la plupart se recopient. Quand on vérifie les chiffres contre la documentation des plateformes elles-mêmes, deux choses sautent aux yeux : les spécifications de format et de durée sont généralement fiables, et les chiffres de zone sécuritaire, la partie qui décide vraiment où placer un visage ou un sous-titre, sont presque entièrement inventés.
Les spécifications réellement publiées
Celles-ci viennent des plateformes.
- TikTok : 9:16 recommandé. Minimum 540x960 en vertical, 960x540 en horizontal, 640x640 en carré. Publicités jusqu’à 10 minutes, 500 Mo.
- YouTube long : 16:9, jusqu’à 7680x4320. H.264 High Profile, GOP fermé, 4:2:0. Encodez à la fréquence d’images du tournage.
- YouTube Shorts : 9:16, résolution maximale au téléversement 1080p, jusqu’à 3 minutes. Pour les publicités Shorts, seules les 60 premières secondes jouent dans le fil.
- LinkedIn : 1:1, 4:5, 9:16 et 16:9 acceptés, de 3 secondes à 30 minutes, 500 Mo. La plateforme publie une tolérance de 5 % sur le format, ce qui est inhabituellement précis et utile.
- X : accepte uniquement les formats entre 1:2,39 et 2,39:1 inclusivement. Maximum 40 ips, 25 Mbit/s. Pour les publicités, la limite de fichier est de 1 Go, mais la plateforme conseille elle-même de rester sous 30 Mo.
- Pinterest : 9:16 pleine image à 1080x1920, vidéo organique jusqu’à 5 minutes.
- Threads : accepte de 0,01:1 à 10:1, la fenêtre la plus permissive qui existe, tout en recommandant le 9:16 pour éviter le rognage.
- Instagram Reels : 9:16, et la limite est passée de 90 secondes à 3 minutes en janvier 2025.
Le problème des zones sécuritaires
Une zone sécuritaire, c’est la partie de l’image que l’interface ne couvrira pas de sous-titres, de noms d’utilisateur, de boutons et de barres de progression. C’est le chiffre le plus utile en production vidéo sociale, et presque personne ne le publie.
Pinterest est l’une des deux seules plateformes qui le fait. Ses chiffres publiés : 270 px en haut, 65 px à gauche, 195 px à droite, 790 px en bas. Sur un canevas 1080x1920, il reste une boîte sécuritaire d’environ 820x860, soit à peu près 34 % de la surface de l’image. Snapchat maintient aussi un document de zones sécuritaires.
La zone sécuritaire publiée par Pinterest
Marge réservée sur un canevas 1080x1920, en px. Il reste une boîte sécuritaire d’environ 820x860.
| Bord | Marge réservée |
|---|---|
| Bas | 790 px |
| Haut | 270 px |
| Droite | 195 px |
| Gauche | 65 px |
TikTok refuse explicitement de publier des chiffres, et la raison est la partie importante. D’après sa propre documentation : la taille de la zone sécuritaire est déterminée par le format de la publicité et par la longueur de la légende. Une légende plus longue se répartit sur plus de lignes et remonte la limite du bas. C’est une variable, pas une constante, et c’est pour ça que TikTok livre des gabarits plutôt que des chiffres.
Une seule phrase de la documentation de TikTok invalide tous les guides de zones sécuritaires en pixels fixes qui circulent.
Et ces guides se contredisent énormément. En comparant quatre sources tierces actuelles sur une image 1080x1920 : la réserve du bas chez TikTok est donnée à 320 px, 480 px, et 250 à 300 px. La réserve du haut pour YouTube Shorts est donnée à environ 170 px par l’un et 380 px par l’autre, un écart de 2,2 fois. Aucun ne cite un document de plateforme.
Quoi faire à la place
Trois choses défendables.
- La colonne de droite est le seul chiffre fiable. Environ 120 px, là où trois sources indépendantes s’entendent, parce que TikTok, Reels et Shorts y placent tous leurs boutons d’engagement.
- Composez pour une boîte centrale d’environ 1080x1420, soit à peu près 250 px en haut et en bas, environ 74 % de la hauteur. C’est une heuristique de travail, pas une spécification, et dites-le.
- Vérifiez sur un vrai téléphone avec une longue légende. Puisque la limite du bas bouge avec la longueur de la légende, le seul test honnête est le pire cas : votre plus longue légende, sur le téléphone, avant de publier.
Ce qui arrive quand le format est mauvais
Le comportement diffère par plateforme, et la plupart des guides écrasent ça en « ça se fait rogner ». Non.
- YouTube ajoute des bandes, il ne rogne jamais, et ces bandes sont blanches par défaut, gris foncé en thème sombre. Il vous dit explicitement de ne pas ajouter les bandes vous-même. Des bandes noires incrustées se retrouvent donc dans un cadre blanc sur un écran en thème clair, et ça a l’air cassé. C’est l’erreur auto-infligée la plus fréquente de la liste.
- Les publicités YouTube Shorts floutent. Un contenu horizontal est servi avec le haut et le bas floutés, pas en boîte aux lettres.
- X rejette carrément tout ce qui sort de 1:2,39 à 2,39:1.
- LinkedIn échoue à la validation hors de sa tolérance de 5 %, plutôt que de recadrer.
- Instagram rogne la vignette de grille en 3:4 quoi qu’il arrive, couvertures de Reels incluses. Votre image de couverture a besoin d’une composition sécuritaire en 3:4 en plus de celle en 9:16.
Le vertical performe-t-il vraiment mieux ?
Faiblement appuyé, et ça vaut la peine d’être honnête là-dessus. Il existe une seule étude réellement évaluée par les pairs : Mulier, Slabbinck et Vermeir dans le Journal of Interactive Marketing (2021), trois études dont un grand test terrain, concluant que le vertical augmentait l’intérêt et l’engagement par fluidité de traitement, modéré par l’âge.
Trois réserves l’accompagnent. Le mécanisme proposé est que le vertical évite de tourner le téléphone, ce qui est largement obsolète maintenant que tous les fils verticaux ajoutent des bandes au contenu horizontal sur place. L’étude mesure l’intérêt, pas le revenu. Et elle compare le vertical à l’horizontal comme création publicitaire, pas le vertical natif au vertical recadré depuis de l’horizontal, ce qui est la décision que vous avez réellement à prendre.
L’alternative la plus citée est un test de 2019 mené par deux fournisseurs qui vendent des outils de vidéo verticale, comparant le vertical au carré plutôt qu’à l’horizontal, sans tailles d’échantillon divulguées. Tout le reste, ce sont des listicles qui se recyclent.
La conclusion défendable : le vertical gagne sur les surfaces pensées pour le vertical parce que la plateforme lui donne le plein écran et ajoute des bandes à tout le reste. C’est un artefact de distribution, pas une preuve que le cadrage vertical est intrinsèquement plus persuasif. Quiconque cite un pourcentage de gain précis cite presque certainement du marketing de fournisseur de 2019.
La contrainte que personne ne mentionne
Si vous générez de la vidéo avec de l’IA, la question du master unique contre le natif par plateforme est déjà tranchée pour vous. Veo 3.1 accepte exactement deux formats : 16:9 et 9:16. Sora 2 documente 1280x720, 1920x1080 et 1080x1920, soit les deux mêmes. Ni l’un ni l’autre ne génère nativement du 4:5, du 1:1 ou du 2:3.
Donc quiconque produit de la vidéo IA pour le fil Instagram, le carré LinkedIn ou Pinterest recadre déjà depuis un master 9:16 ou 16:9, qu’il le formule ainsi ou non.
Le flux de travail qui en découle
- Générez le 9:16 comme master pour TikTok, Reels, Shorts, Stories, Snapchat et Threads. Six placements, un master, nativement pris en charge.
- Recadrez au centre en 4:5 et 1:1 pour le fil Instagram, le fil Facebook et LinkedIn. Vous retirez le haut et le bas, exactement là où les zones sécuritaires vous disaient de ne rien mettre. Composez pour la boîte centrale et le recadrage est gratuit.
- Ne recadrez pas du 9:16 en 16:9 pour YouTube long. Ce recadrage jette la majorité de l’image sans discipline de zone sécuritaire pour la protéger. Générez un master 16:9 distinct, que les deux modèles acceptent nativement.
- N’incrustez jamais de bandes dans le master. Voir le problème des bandes blanches plus haut.
Deux masters natifs, tous les placements
Veo 3.1 et Sora 2 ne génèrent nativement que le 16:9 et le 9:16
Le recadrage automatique avec suivi de sujet est devenu banal, alors le recadrage mécanique n’est pas le goulot. La discipline de composition au moment de générer, oui. Une dernière note d’honnêteté : je n’ai trouvé aucune étude mesurée crédible comparant le recadré depuis un master au créatif produit nativement par plateforme. Cette recommandation raisonne à partir des contraintes, pas à partir de preuves.
Sources
- Aide YouTube, résolution et formats d’image (dont le comportement des bandes)
- Aide YouTube, paramètres d’encodage recommandés
- Aide Google Ads, spécifications des publicités YouTube Shorts
- LinkedIn, spécifications vidéo dont la tolérance de format
- X, exigences vidéo et plage de formats acceptée
- Pinterest, spécifications des épingles et zones sécuritaires publiées
- TikTok Ads Manager, spécifications et énoncé sur la zone sécuritaire variable
- Meta for Developers, exigences vidéo de l’API Threads
- Google, documentation Veo 3.1 (formats pris en charge)
- OpenAI, documentation de génération vidéo Sora (tailles prises en charge)
- Mulier, Slabbinck et Vermeir, « This Way Up: The Effectiveness of Mobile Vertical Video Marketing », Journal of Interactive Marketing (2021)
- Social Media Today, Reels étendu à 3 minutes (18 janvier 2025)